The Rock & the Roll

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MJCR025 - LP
ALAIN PETERS
  • Caloubadia
  • Mangé pour le coeur
  • La rosée si feuilles songes
  • La pêche bernica
  • Plime la misère
  • Ti pas ti pas n'arriver
  • Complainte de Satan 2
  • Ti Cabart
  • Wayo Manman!
  • Rest' la maloya

Alain Peters est l’un des trésors les mieux gardés de la musique de l’océan Indien et bien au-delà. Sa musique est unique. Profond blues créole, maloya réunionnais et grand folk universel, elle s’empare insidieusement de vous pour ne plus jamais vous quitter. Peters a traversé les années 1970 et 1980 comme une étoile filante, en groupe ou en solo, avec son luth sahélien, son magnétophone quatre pistes, ses alcools forts et son génie maudit, avant son décès en 1995, à l’âge de quarante-trois ans. Poète, musicien, chanteur et mélodiste, il laisse dans son sillage une poignée de chansons sublimes rassemblées ici en vinyle pour la première fois. D’une beauté sidérante et d’une noirceur toujours ensoleillée, Alain Peters exprime une saudade intense, l’âme errante d’une humanité créole à fleur de peau. A la croisée des cultures africaines, indiennes et européennes, l’île de La Réunion porte bien son nom. Au gré de sa fragile carrière, Peters n’aura de cesse d’incarner l’âme de cette terre de croisements et de fusions culturelles, entre instruments africains, mysticisme indien et poésie européenne.

A la fois pudique et sincère, Caloubadia est une chanson immédiatement indélébile. Les chœurs éthérés de Peters, accompagné ici par son complice Loy Ehrlich, donnent une sensation d’apesanteur instantanée à cette ode aux ivresses de toutes sortes, une sorte de lente incantation, mystique, alcoolique et acoustique. Avec une économie de moyens mais avec une poésie de chaque instant, Peters évoque son quotidien et son environnement, où les purs moments de bonheur et les grands soleils côtoient des tempêtes intérieures d’une force et d’une noirceur volcaniques.

Des percussions chétives et improvisées, un luth à quatre cordes, deux sachets plastiques frottés et trois fois rien suffisent à Peters pour ériger des symphonies créoles d’une beauté sidérante. Le soleil, l’océan et le vent les visitent. Mangé pour le cœur en est l’exemple parfait, ne serait-ce que grâce à sa mélodie presque surnaturelle. Publié en 1977, La rosée si feuilles songes constitue sa première composition enregistrée, au Studio Royal de Saint-Joseph. Interprété par le chanteur Hervé Imare, cet unique 45 tours est paru sous le nom des Caméléons dont Peters est alors le bassiste, à la croisée du jazz rock, du reggae et du progressif. Le groupe vit alors en communauté à Langevin, dans les hauts de Saint-Joseph, sans doute l’une des périodes les plus fertiles pour Péters, qui écrit avec beaucoup d’aisance, d’abord en français, avant de passer au créole.

S’appuyant sur un poème de son ami Jean Albany, La pêche Bernica lorgne vers le jazz libre, avec ses incantations de saxophone signées René Lacaille, fidèle complice de Peters depuis l’époque des Caméléons. Il chante une partie de pêche à l’heure de la messe, dans une rivière connue de l’île, du côté de Saint-Paul. Comme dans toutes ses créations, Peters bâtit un trésor mélodique à partir de souvenirs d’enfance sublimés par le poète et la musique de Peters, d’une fluidité remarquable, comme descendue d’une ravine bordée d’azalées cascadant vers l’océan.

Plime la misère conjure le mauvais sort, déjouant un ton plaintif pour devenir création vive. Autre poème de Jean Albany, la mélodie de cette chanson se construit encore sur du vent, tout en citant quelques lieux de La Réunion, replaçant une nouvelle fois l’île au centre des envies de Peters. La toponymie des noms réunionnais s’intègre naturellement à ses paroles. Fier de ses racines créoles, il a grandi en assistant aux concerts de Claude Vinh-San et du Jazz Tropical, une formation qui l’a marqué de manière indélébile. Son père Edouard était en outre batteur au sein de l’orchestre du saxophoniste Chane-Kane, une des formations historiques de l’île avant la déferlante pop de la fin des années 1960.

Ti pas ti pas n'arriver est un autre grand moment de poésie de l’océan Indien, une chanson également connue sous le nom de Rame canot. Cette chanson relève d’une perfection euclidienne ; elle fonctionne comme une véritable parabole pour les épreuves que la vie lui inflige alors.

Plus célesteComplainte de Satan (1ere figure) est beaucoup moins sombre que son titre ne le laisse paraître. Les paroles évoquent un spleen îlien et l’immensité environnante. Faussement fataliste, Peters s’en remet aux éléments et à un Bon Dieu presque résigné. Il délivre lui-même les paroles pour sa propre survie. Nocturnal, Ti cabart est un instrumental léger et émouvant, avec des bribes de refrain sibyllin qui filent loin dans l’azur, sans jamais regarder derrière lui. Il plane très haut au-dessus des pitons réunionnais, porté par des chœurs à couper le souffle. Wayo manman ! tisse un canevas hypnotique, en partie grâce aux cordes du ngoni.

Peters répète le refrain comme un long mantra qui tourne en boucle. Porteur d’une mélodie universelle Rest’ la maloya est sans doute l’un des plus grands tubes que personne ne connaît encore, à toujours serrer près du cœur. Le Fender Rhodes et les percussions légères tissent un canevas parfait pour la voix de Peters dont la voix bleue traverse ce titre comme une étoile filante, qui touche au rêve du monde. Pleine d’espoir, cette chanson sonne comme un lever de soleil avec l’océan pour seul horizon. 

 

 

 

Alain Peters is one of the best-kept secrets in the music scene of the Indian Ocean and beyond. His music is unique: a blend of Creole blues, maloya and international folk, it discretely takes hold of you and never leaves you. Peters travelled through the 70s and the 80s like a shooting star, alone or with a band, with his Sahelian lute, his reel-to-reel tape recorder, firewater and ill-fated genius. He died in 1995, aged 43. Poet, musician, singer and melody-maker, he left behind a handful of sublime songs which are gathered here for the first time on vinyl. Full of dazzling beauty and sparkling darkness, his songs express the yearning homesickness of the Creoles’ highly sensitive wandering soul, at the crossroads of African, Indian and European cultures. Réunion (literally “the gathering”) is aptly named and over the course of his uncertain career, Peters continuously embodied the soul of this culturally hybrid land with a fusion of African instruments, Indian mysticism and European poetry.

 

Both discreet and sincere, Caloubadia leaves a lasting impression. Peters and his friend Loy Ehrlich’s ethereal choruses give this ode to euphoria a feeling of weightlessness. It’s a slow incantation, mystical, heady and acoustic. With sparse means and spontaneous poetry, Péters speaks of his daily life and environment, where happiness and sunlight shine on an inner storm of volcanic strength and darkness.

 

Frail improvised percussion, a four-string lute, two plastic bags rubbed together and other titbits are enough for Peters to compose Creole symphonies of dazzling beauty, full of sun, waves and wind. Mangé pour le cœur is the perfect example of this, if not for its preternatural melody.

 

Released in 1977, La rosée si feuilles songes was the first song he recorded at Studio Royal in Saint-Joseph. Interpreted by singer Hervé Imare, this unique 7” was released by “Les Caméléons”, for whom Peters played the bass guitar. The band, at the crossroads of jazz-rock, reggae and prog rock, lived in a community in Langevin, in the heights of Saint-Joseph. This is undoubtedly one of the most productive periods for Péters, who wrote with a lot of ease, first in French, then in Creole.

 

Based on a poem by his friend Jean Albany, La pêche Bernica veers towards free jazz, with its incantatory saxophone, arranged by René Lacaille, Peters’ loyal friend since the “Caméléons”. He sings about a spot of fishing at the time of the Mass, in one of the island’s well-known rivers, near Saint-Paul. As in all of his compositions, Peters builds a little melodic gem from his childhood memories, which the poet and the music transcend. It’s remarkably fluid, as if flowing in an azalea-lined gulley which bounces towards the Ocean.

 

Plime la misère wards off ill fortune, evading a plaintive tone to become a lively creation. Based on another poem by Jean Albany, the song’s melody is built around the wind, while quoting several places in Réunion, once again placing the island at the heart of Peters’ preoccupations. The toponymy of the island names blends perfectly with the lyrics. Proud of his Creole roots, he grew up attending Claude Vinh-San and Jazz Tropical concerts, a band which had a lasting influence on him. His father Edouard actually played the drums for saxophonist Chane-Kane’s band, one of the island’s most influential bands, before the tidal wave of pop music of the late 60s arrived.

 

Ti pas ti pas n'arriver is another great moment of poetry from the Indian Ocean. The song is also known as Rame canot. This song demonstrates Euclidean perfection: It works like a parable for the hardship that life inflicted on him at the time.

 

The more celestial Complainte de Satan (1ère figure) is far less dark than its title might suggest. The lyrics evoke the island spleen and the surrounding vastness. Deceptively fatalistic, Peters leaves it to the elements and to an almost resigned Good Lord, while he delivers the lyrics for his own survival himself. The nocturnal Ti cabart is a light and moving instrumental track, with fragments of a sibylline chorus that tales off into the blue, without ever looking back. It floats high above the island’s peaks, carried by breathtaking choruses, while Wayo manman! weaves a hypnotic canvas, thanks in part to the strings of the ngoni. Péters repeats the chorus like a long looped mantra.

 

With its universal melody, Rest’ la maloya is probably one of the greatest unknown hits, which should be kept close to the heart. The Fender Rhodes and light percussions weave the perfect canvas for Péters, whose blue-tinted voice travels through the track like a shooting star, touching on a world dream. Full of hope, the track sounds like a sunrise, with nothing but the ocean on the horizon.

 

Moi J’Connais Records & Sofa Records would like to thank Ananda Peters, Alain Courbis  and RunMuzik for their help and support

 

Mastered & Cut by Adi Flück at Central Dubs

Artwork & Design by Felix

 

Moi J’Connais Records MJCR025

Sofa Records SR001

MJCR031 - LP
THE SADIES
  • Dying Is No Way To Make A Living
  • Little Sadie
  • Wagon Wheel
  • J'ai essaye de ne pas
  • Locust Eater
  • Strange Birds
  • Algoma Refections
  • All The Way Back Home
  • Oh, How She Rides
  • Song For A 12 oz Mouse
  • Walking Bum
  • Mile Over Mecca
  • 1000 Cities Falling
  • External Sounds
  • Within A Stone
  • Ballad of Immortal Joe
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MJCR030 - LP
Velvet Illusions
  • Velvet Illusions
  • Acid Head
  • Hippy Town
  • Born To Be A Rolling Stone
  • She Was The Only Girl
  • Town of Fools
  • Lazy
  • Mini Shimmy
  • The Stereo Song
  • I'm Coming Home Los Angeles
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MJCR029 - LP
Various Artists
  • Lawrence Walker - Osson Two-Step
  • Mama Rosin - Yvon LeBlanc
  • Criminal Waltz - Breaux Frères
  • Fiddle Stomp - Wallace "Cheese" Read
  • Le Blues du Petit Chien - Breaux Frères
  • Vous Avez Donne Votre Parole - Dennis McGhee
  • J´ai Fait Tout Le Tour Du Pays - Jimmy Peters & Ring Dance Singers
  • Blue Runner - Bebe & Eraste Carriere
  • Mama Do Right - Milton
  • Doin' The Zydeco - Rockin' Dopsie
  • Canray's One Step - Canray Fontenot
  • Le Two Step À Jules - Freeman Fontenot
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